Grand Magal : les pèlerins face aux prix élevés du transport

Société

Grand Magal : les pèlerins face aux prix élevés du transport

Saikou Seydi
31 juillet 2026

Des millions de personnes se rendent chaque année à Touba. Mais les disciples de cheikh Ahmadou Mamba, fondateur de la confrérie des Mourides, sont confrontés à un défi majeur : le transport.

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Senegal Des gens dans la rue près des voitures

Il suffit de se diriger vers la grande porte de la gare Baux Maraîchers de Pikine pour qu’un démarcheur vous interpelle.En période ordinaire, le prix du ticket est compris entre 3 000 et 5 000 francs mais ce vendredi matin, il faut débourser entre 8 000 et 10 000 francs, selon le confort que le passager souhaite avoir, pour rallier Touba pour le Grand Magal qui sera célébré ce dimanche.

Des tarifs de plus élevés que d’habitude

Tous ces véhicules vont à Touba” explique Fallou qui est démarcheur à la gare.”Vous avez le choix entre ce petit véhicule confortable, non climatisé, à 10 000 francs le ticket, et l’autre, un bus climatisé (moins confortable), à 8 000 francs. C’est à vous de voir. Mais ce sont les prix aujourd’hui, parce qu’il y a beaucoup d’embouteillages sur la route de Touba” assure-t-il.

Les raisons ne manquent pas pour justifier la hausse des prix. Les passagers, eux, n’ont pas le choix.

Mamadou n’a jamais manqué à l’appel. Ce ne sera pas le cas cette année encore. Il est donc obligé de payer le prix fort pour se rendre dans la ville sainte.

Ils profitent de chaque événement pour augmenter les prix” déplore mamadou. Selon lui ” Touba n’est pas loin”, et en temps normal les voyageurs payent moins. “Les temps sont durs, ils ne doivent pas en abuser. Je suis obligé de payer parce que ma famille m’attend sur place. On doit accueillir nos hôtes“.

Dakar- Scène de rue

Compenser le manque à gagner

Bour Guewel est l’un des doyens de la gare. Il a près de 30 ans d’expérience, à l’image de sa vieille voiture qu’il entretient pour assurer la navette Dakar-Touba. Lui aussi a des arguments pour justifier la hausse.

En partant, vous avez des passagers, mais au retour, vous peinez à en trouver, alors que vous faites le plein de gasoil deux fois” explique-t-il. 

A en croire le chauffeur “actuellement, il est très difficile d’entrer à Touba à cause des bouchons”. Une situation qui les oblige donc à “augmenter les prix pour compenser ce manque à gagner.”

C’est la réalité du transport au Sénégal. Pour chaque grand événement, les transporteurs imposent leurs prix, acceptés bon gré mal gré par les voyageurs.

De son côté, l’opérateur de transport public, Dakar Dem Dikk, propose ses services à 4 000 francs CFA. Mais la demande semble supérieure à l’offre et les bus ne transportent pas beaucoup de bagages. Ce qui n’arrange pas les pèlerins.